🍃 En bref : La terrasse sur bastaings, c’est pour qui ?
- Technique : Ossature portante en gros bois (bastaings) posée sur plots, supportant lambourdes et lames. Idéale pour les terrains en pente ou les terrasses surélevées.
- Le point crucial : Uniquement du bois classe 4 (résistant à l’humidité constante). Le classe 2 pourrira, c’est une question de temps.
- Durée de vie : De 15-20 ans (Pin Douglas traité) à plus de 50 ans (bois exotiques comme l’Ipé).
- Principal écueil : Un mauvais dimensionnement des bastaings qui entraîne un affaissement dangereux. Il vaut toujours mieux surdimensionner.
- Alternative sérieuse : Les structures en aluminium (type Grad). Plus chères à l’achat, mais durabilité extrême et pose facilitée.
Vous envisagez une terrasse en bois un peu en hauteur, pour dominer votre jardin en pente ? Ou simplement pour éviter de toucher un sol humide ? La technique du bastaing est probablement ce que vous cherchez. Mais attention, c’est une structure qui porte du poids, la vôtre et celui de vos invités. On ne fait pas ça à la légère. Je vois trop de gens se lancer avec du bois inadapté ou des sections trop justes. Résultat : dans cinq ans, la terrasse tangue, les lames pourrissent, et c’est la démolition totale. Passons directement à l’essentiel : voici comment construire une terrasse sur bastaings qui durera, sans se ruiner et en évitant les pièges classiques.
Bastaings, solives, lambourdes : démêlons le jargon
Quand on parle de « bastaings » pour une terrasse, on parle en réalité de la solive principale, l’élément horizontal porteur de toute la structure. C’est le squelette. Ces bastaings reposent eux-mêmes sur des plots en béton, des poteaux ou des murets. Par-dessus, on fixe des lambourdes (des pièces de bois plus petites, perpendiculaires aux bastaings) qui serviront de support direct aux lames de terrasse. Cette méthode « à double étage » (bastaings + lambourdes) est robuste et permet une excellente ventilation sous les lames, cruciale pour leur longévité.
⚠️ Mon conseil d’atelier : Ne confondez pas un « bastaing » de charpente (souvent en classe 2) avec un bastaing pour terrasse. Le premier est pour l’intérieur ou des abris bien aérés, le second doit impérativement être en classe d’emploi 4. La différence est dans le traitement contre les champignons et l’humidité. C’est le point n°1 à vérifier sur votre bon de commande.
Avantages et inconvénients : le vrai du faux
Comme toute technique, elle a ses forces et ses faiblesses. Voici ce que mon expérience sur le terrain me permet de vous dire.
- ✅ Adaptable : C’est la solution reine pour les terrains en pente (jusqu’à environ 80 cm de dénivelé). On règle la hauteur des plots, pas besoin de faire un terrassement parfait.
- ✅ Ventilée : La double structure laisse l’air circuler librement sous les lames, ce qui les assèche rapidement après la pluie et limite la pourriture.
- ✅ Économique (si bien raisonnée) : Avec du pin Douglas traité classe 4, vous avez une structure solide à un coût maîtrisé. C’est souvent moins cher qu’une grande dalle béton sur terrain difficile.
- ❌ Technique et physique : Manipuler des bastaings de 75×225 mm sur plusieurs mètres, c’est lourd. La pose demande de la précision dans le nivellement et les fixations.
- ❌ Durabilité liée au matériau : Le point faible potentiel, c’est le bois. Un bois mal choisé (classe 2 ou 3) ou un traitement autoclave peu profond signera l’arrêt de mort de l’ossature en quelques années.
- ❌ Entretien de la structure : Même avec du bois classe 4, il faut inspecter régulièrement (tous les 2-3 ans) les fixations et l’état général des bastaings, surtout au niveau des appuis sur plots.
Le choix des matériaux : ne transigez pas sur le bois
C’est là que se joue 80% de la réussite de votre terrasse. Pour les bastaings et les lames, la règle est absolue : classe d’emploi 4 (NF EN 335). Ce bois est capable de résister à un contact prolongé avec le sol et l’humidité. Le classe 3, c’est pour une façade exposée à la pluie mais bien aérée. Le classe 2, c’est pour l’intérieur. Oubliez.
Pour les bastaings (la structure), on privilégie souvent un bois du Nord rouge traité autoclave classe 4, ou du pin Douglas traité. C’est économique et efficace. Évitez le chêne ou le mélèze non traités pour cette fonction : ils sont durables mais pas assez en contact permanent avec l’humidité.
Pour les lames, vous avez l’embarras du choix, du plus économique au plus premium :
- 🏆 Ipé : Le roi. Dense, dur, durable 50 ans et plus. Prix élevé (80-120€/m²), et pré-perçage obligatoire pour chaque vis, sous peine de le fendre.
- 🥈 Cumaru ou Padouk : Excellents rapports qualité-prix. Denses, durables (25-30 ans), avec de belles teintes chaudes. Demandent un entretien (saturateur) pour garder leur couleur.
- 🥉 Pin Douglas traité classe 4 : Le choix local et économique. Durée de vie honnête de 15-20 ans. Il grisera naturellement, passant du marron rosé au gris argenté.
- 💎 Robinier (faux acacia) : La pépite européenne, naturellement classe 4 sans traitement. Très dur et durable, rivalisant avec les exotiques. Son prix a augmenté, mais c’est un investissement.
📊 Tableau comparatif : Structure traditionnelle bois vs. Alternative aluminium
| Critère | Système Bastaings Bois | Structure Aluminium (type Grad) |
|---|---|---|
| Durée de vie structure | 15 à 50+ ans (selon essence) | Illimitée (pas de pourriture) |
| Pose | Technique, besoin de pré-perçage, fixation par équerres/sabots | Plus simple, souvent avec clips et rails réglables |
| Coût initial | Économique à moyen (bois local) | Plus élevé |
| Entretien | Contrôle régulier de l’état du bois, saturateur pour les lames | Néant pour la structure |
| Écologie | Matériau renouvelable (si issu de forêts gérées) | Recyclable mais production énergivore |
Dimensionnement : la clé pour éviter l’affaissement
C’est la partie la plus critique après le choix du bois. Un bastaing sous-dimensionné va fléchir (c’est la « flèche »), rendant la terrasse molle et dangereuse. Les normes (DTU 51.4 et 31.1) donnent des cadres, mais en pratique, sur le terrain, on aime bien « jouer large ».
- Portée des bastaings : C’est la distance entre deux plots de support. Pour une portée de 3 à 4 mètres, une section de 70×195 mm est un minimum. Moi, pour dormir tranquille, je préfère du 75×225 mm, surtout si la terrasse est à plus d’1 m de haut. La charge habituelle à prévoir est d’environ 200 kg/m² (meubles, monde, neige…).
- Espacement des bastaings : L’entraxe entre deux bastaings parallèles est généralement de 60 cm. Sur eux, vous fixerez les lambourdes.
- Lambourdes : Des sections de 70×70 mm sont classiques. Elles se posent perpendiculairement aux bastaings, avec un entraxe de 40 à 60 cm selon la largeur et la flexibilité de vos lames.
- Plots béton : Diamètre 140-160 mm, enfoncés à 60 cm de profondeur minimum (hors gel), espacés selon la portée de vos bastaings (tous les 3 m par exemple). Sur sol argileux, prévoyez un drainage autour du plot.
Les étapes de construction, dans l’ordre
1. Implantation et fondations : Tracez au cordeau l’emplacement de votre terrasse. Posez vos plots béton ou platines réglables en les alignant et en les nivelant avec soin. C’est sur cette base que tout repose.
2. Pose des bastaings : Posez les bastaings sur les plots, petit côté vers le haut (c’est plus solide). Vérifiez l’alignement et l’horizontalité. Fixez-les solidement aux plots à l’aide de sabots ou d’équerres métalliques galvanisées.
3. Fixation des lambourdes : Vissez les lambourdes perpendiculairement aux bastaings, en respectant l’entraxe choisi pour vos lames. Utilisez des vis inox ou acier galvanisé. Pensez à laisser un léger décalage entre les lambourdes en bout de terrasse pour la circulation de l’air.
4. Pose des lames : Commencez par un côté. Utilisez des cales d’espacement (5-8 mm) entre chaque lame pour permettre la dilatation et l’écoulement de l’eau. Fixez avec des vis inox invisibles (pose face cachée) ou des clips, surtout pour les bois durs. Pour l’Ipé ou le Cumaru, pré-percez systématiquement.
Entretien et alternatives durables
Une terrasse bois, ça s’entretient. Mais inutile de vous ruiner en produits miracles.
- 🧼 Nettoyage : Un ou deux fois par an, un bon coup de balai-brosse et un lavage au savon noir dilué dans de l’eau chaude suffisent à enlever mousses et salissures.
- 🎨 Protection : Pour les bois exotiques ou le douglas, un saturateur incolore ou teinté appliqué tous les 1 à 2 ans (selon l’exposition) nourrira le bois et ralentira son grisaillement. Acceptez que le bois grise, c’est naturel et ça ne veut pas dire qu’il pourrit.
- 🔍 Inspection : Chaque printemps, jetez un œil sous la terrasse. Vérifiez l’état des bastaings au contact des plots, la solidité des fixations, et l’absence de pourriture ou d’insectes.
Si l’entretien vous rebute ou si vous cherchez l’option « tranquillité absolue », regardez sérieusement les alternatives : – Structure en aluminium : Un investissement initial plus lourd, mais plus de souci de pourriture, une pose souvent plus simple et un parallélisme parfait. Idéal pour supporter des lames en composite. – Lames en composite : Zéro entretien (pas de ponçage, pas de saturateur). Mais elles doivent être posées sur une structure parfaitement rigide, souvent en alu justement.
✨ Mon verdict
Après des années à voir des terrasses se construire et parfois… se déconstruire, voici mon bilan franc. La terrasse sur bastaings en bois est une excellente solution, robuste et esthétique, à deux conditions non négociables.
Primo, le bois : Classe 4, rien d’autre. C’est le socle de la durabilité. Un pin Douglas traité autoclave fera très bien l’affaire pour la structure sans exploser le budget. Secundo, le dimensionnement : Pêchez par excès, pas par défaut. Un bastaing de 75×225 mm vous évitera des nuits blanches à imaginer votre terrasse plier sous un simple barbecue. N’oubliez pas la ventilation et les fixations inox.
Ma recommandation personnelle ? Si votre budget est serré mais que vous voulez du solide, optez pour une structure en pin Douglas traité classe 4 et des lames en Robinier ou Cumaru. Vous aurez un ensemble durable, local dans la mesure du possible, et avec un charme authentique. Si vous détestez l’idée même de l’entretien et avez un budget plus flexible, la combinaison structure aluminium + lames composite est une paix de l’esprit légitime, bien que moins « chaude » au touché.
Dans tous les cas, prenez votre temps sur la phase de conception et de préparation des fondations. Une terrasse, ça se vit pendant des années. Et vous, quelle essence de bois vous fait de l’œil pour votre projet, et pourquoi ?
Quelle est la différence entre un bastaing et une lambourde pour terrasse ?
Le bastaing (ou solive principale) est l’élément porteur principal de la structure. Il est de forte section (ex: 75×225 mm) et repose directement sur les plots de fondation. Il supporte tout le poids. La lambourde est une pièce de bois de section plus petite (ex: 70×70 mm) qui se fixe perpendiculairement sur les bastaings. Son rôle est de servir de support direct et de point de fixation aux lames de terrasse. En résumé : les plots portent les bastaings, qui portent les lambourdes, qui portent les lames. Cette double structure assure rigidité et ventilation. Pour plus de détails sur les sections types, vous pouvez consulter ce guide des matériaux pour terrasse bois.
Peut-on utiliser du chêne ou du mélèze pour les bastaings ?
Il est déconseillé d’utiliser du chêne ou du mélèze non traités pour des bastaings en contact avec des plots au sol. Bien que ces essences soient durables, elles ne sont pas naturellement de classe d’emploi 4 (résistance à l’humidité constante du sol). Sans traitement adapté, elles risquent de développer des pourritures au niveau des appuis. Pour la structure portante, privilégiez des bois traités autoclave classe 4 comme le pin Douglas traité ou le bois du Nord rouge, ou à la rigueur du robinier (faux acacia) qui est naturellement classe 4. Le mélèze traité autoclave en classe 4 peut convenir. Retrouvez la classification des bois sur le site d’experts comme Le Terrier Blanc.
À quel espacement faut-il placer les plots de fondation sous les bastaings ?
L’espacement entre les plots dépend principalement de la section de vos bastaings et de la charge prévue (environ 200 kg/m²). En règle générale, pour des bastaings de 70×195 mm à 75×225 mm, un espacement (ou portée) de 3 mètres maximum est recommandé. Pour des sections plus importantes, la portée peut aller jusqu’à 4 m. Il est crucial de ne pas dépasser les capacités portantes pour éviter la flèche (affaissement). Sur un sol meuble ou argileux, il peut être prudent de réduire cet espacement. Des calculateurs en ligne ou les DTU 51.4/31.1 donnent des valeurs précises. Un forum de construction comme Forum Construire regorge de discussions pratiques sur ce sujet.
Faut-il pré-percer les lames de terrasse en bois exotique comme l’Ipé ?
Absolument, c’est indispensable. Les bois exotiques denses comme l’Ipé, le Cumaru ou le Padouk sont extrêmement durs et ont tendance à se fendre si vous essayez de visser directement dedans. Il faut impérativement pré-percer un trou pilote d’un diamètre légèrement inférieur à celui du corps de la vis (sans la partie filetée). Cela guide la vis et évite la concentration de tensions qui provoquent la fissuration. Utilisez une perceuse avec un foret à bois adapté. Cette étape, bien que fastidieuse, est garante de la finition et de la longévité de votre platelage. Les fournisseurs spécialisés comme Leroy Merlin le mentionnent souvent dans leurs fiches conseils pour les bois durs.
Une terrasse sur bastaings en bois est-elle soumise à une réglementation ou un permis ?
Cela dépend principalement de sa hauteur et de sa surface. En France, pour une terrasse de plain-pied (moins de 60 cm de hauteur) et inférieure à 20 m², une simple déclaration préalable de travaux en mairie suffit généralement. Si la hauteur dépasse 60 cm (ce qui est souvent le cas des terrasses sur bastaings surélevées) OU si la surface dépasse 20 m², un permis de construire est le plus souvent requis. De plus, si votre maison est en zone protégée (ABF, secteur sauvegardé), les règles sont plus strictes. Il est impératif de vous renseigner auprès de votre mairie avant tout achat de matériaux. Les DTU 51.4 (structures < 1m) et 31.1 (structures > 1m) définissent les règles de l’art de construction.